Desarzens Corinne

Corinne Desarzens est née en 1952 à Sète en France de parents vaudois. Après ses études (licence en russe et en anglais), elle parcourt le monde : Grèce, Irlande et New York. Elle s'engage d'abord dans le dessin et la peinture. Pourtant, si plusieurs expositions de ses oeuvres ont été réalisées, elle décide de se consacrer à l'écriture et au journalisme. Après avoir été correspondante de la Tribune de Genève à New York, elle collabore, en qualité de critique littéraire pour les livres étrangers, au Journal de Genève. L'influence de ses voyages et de ses lectures, mais surtout l'acuité de son regard et le sens inné du détail, lui ont permis, dès son premier roman, de retenir l'attention de la critique.

Bibliographie :
  • L'espace chez Mandelstam. - Genève, 1975. (Mémoire)
  • Il faut se méfier des paysages. - Aire, 1989.
  • Deux doigts de prunelle dans un verre à bourbon. - Aire, 1989.
  • Carnet madécasse. - Aire, 1991.
  • Aubeterre. - Aire, 1994 ; rééd. 1999. (Prix BPT 1995)
  • Pain trouvé. - Aire, 1995.
  • Ireland: blake and white / photogr. Jean Scheim. - Blake and White, 1997.
  • Bleu diamant. - Aire, 1998.
  • Aubeterre 2. - Aire, 1999.
  • Ultima latet. - Métropolis, 2000.
  • Mon bon ami. - Aire, 2001.
  • Je voudrais être l'herbe de cette prairie. - Aire, 2002
  • Je suis tout ce que je rencontre. - Aire, 2002
  • Sirènes d'Engadine. - Ed. du Laquet, 2003 (Coll. Terre d'encre)
  • Poisson-Tambour. - B. Campiche, 2005
  • Le verbe être et les secrets du caramel. - L'Aire, 2006
  • Le gris du Gabon. - L'Aire, 2009
  • Un roi. - B. Grasset, 2011
  • Dévorer les pages. - D'autre part, 2013
  • Le soutien-gorge noir. - L'Aire, 2017
  • Couilles de velours. - D'autre part, 2017 (récit)
  • Honorée Mademoiselle. - L'Aire, 2017

Distinctions :
  • Prix Schiller 1989
  • Prix Bibliomedia Suisse 1995 pour "Aubeterre"

Extrait de Aubeterre

Une matière gluante passa en zigzaguant péniblement sur le marc de café. Le tendre et le dur pouvaient s'influencer l'un l'autre. Chaque jour s'ouvrait l'arène d'Aubeterre et ses joutes constantes pour le pouvoir. Le modèle de ces affrontements, c'était le mariage. Avec fracas, la poubelle roula sur le carrelage usé et la grande violence s'échappa du noyau. Elle déchirait, réactivait l'herpès, bloquait le côlon et lançait des signaux par le pharynx. Rien ne se comparait à un Bauer. Il fallait s'en accommoder. Sylvain, lui, ni vu ni connu, saupoudrait de sucre fin un Himalaya de violence. Une violence si insupportable et si compréhensible.

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